Mot du Président

JM_Monguillet-59-sept13

Édito du 28 octobre 2021

 

"Chers adhérents, chers amis et chers professionnels, chers résidents et jeunes accompagnés,

 

Rentrée difficile dans le secteur du médico-social, avec plusieurs défis à relever pour continuer nos missions au service des personnes accueillies:

 

♦ une situation inquiétante entrainée par le manque croissant d’attractivité du secteur pour les salariés, avec un différentiel de rémunération entre le secteur sanitaire et EPHAD revalorisé par le SEGUR de la santé.  "Traverser la rue"  pour des personnels, au sens propre, pour aller d’un établissement vers un hôpital ou un EPHAD peut entraîner une augmentation de plusieurs dizaines de % de leur rémunération nette. Le SEGUR appliqué au médico-social est enfin annoncé pour une application en janvier 2022, mais avec une augmentation forfaitaire de 183€ mensuels nets pour certains professionnels, et de 35€ nets seulement pour les autres, la dichotomie va être difficile à comprendre!

 

Malgré un lobbying important réalisé par nos fédérations, nous constatons que le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2022 adopté le 26 octobre en première lecture par l’Assemblée Nationale, s’il élargit le bénéfice de la hausse de salaire de 183 € à de nouvelles catégories, n’intègre toujours pas la majorité des professionnels du secteur médico-social privé non lucratif à ce dispositif, aucune enveloppe financière n’étant allouée pour la revalorisation des professionnels de l’accompagnement. 

 

Le parcours du Projet de Loi de Finance de la Sécurité Sociale - PLFSS 2022 va se poursuivre dans les prochaines semaines au Sénat, avant une adoption définitive au plus tard le 30 novembre, mais aujourd’hui, la majorité des salariés de notre secteur est exclue des revalorisations salariales et est à ce stade écartée du PLFSS 2022 ! 

A cela s’ajoute, l’absence totale d’avancée sur le sujet de la Conférence sociale, pourtant prévue par l’accord Laforcade (qui porte sur la revalorisation salariale de nos métiers) pour la fin de l’année, faisant craindre qu’elle ne soit plus à l’agenda des pouvoirs publics.

 

Le manque d’attractivité se joue également sur d’autres fronts, bien sûr, mais force est de constater que nous avons tous, acteurs du handicap, d’énormes difficultés de recrutement et de fidélisation. La qualité du projet d’établissement et du projet associatif, absolument nécessaire, ne suffit plus.

 

Face à cette situation inique, Autisme en Ile-de-France se mobilise aux côtés de l’UNAPEI et vous invite à signer et partager la pétition mise en ligne par l’UNAPEI qui demande une application stricte des mesures d’augmentation et de revalorisation salariales du Ségur de la Santé pour TOUS les professionnels médico-sociaux du handicap, sans inégalité de traitement, avec notamment la revalorisation nette mensuelle de 183 € ainsi qu’une reconnaissance réelle de ces métiers et de leurs expertises.              : 

 

https://bit.ly/3n722im

 

 

♦ D’autres débats, sans conclusion pour l’instant, ont également un impact majeur pour les familles avec personne handicapée: citons la déconjugalisation de l’AAH, refusée à l’Assemblée mais soutenue par le Sénat, ou l’élargissement de la PCH aux besoins humains, tellement importante pour nos jeunes adultes avec TSA, qui serait testée sur 3 départements.

 

Toutes ces mesures seront elles un enjeu électoral dans les mois à venir? Souhaitons-le, pour qu’ils en parlent tous !

 

 

Sans rapport avec ce contexte difficile, signalons un incident très grave qui a touché un de nos résidents en FAM à Paris, et qui nous interpelle : sans rentrer dans les détails, le jeune E., adulte avec autisme et non verbal, était en week-end avec ses parents et regagnait seul sur quelques centaines de mètres son domicile dans un quartier parisien qu’il connaît par coeur; dans la cour de son immeuble, son comportement "bizarre" a « alerté » un locataire AirBnB qui a prévenu les forces de l’ordre, qui sont intervenues très rapidement, casquées et armées. Le résultat ? flashball, taser, et immobilisation violente. Après un passage aux urgences, E.. a pu réintégrer le FAM. Sa famille a porté plainte, et nous les soutenons le mieux possible. Nous avons saisi toutes les autorités, et nous plaidons pour que les handicaps invisibles soient mieux intégrés par tous dans notre société, et notamment par nos forces de l’ordre.

 

Le combat continue !"

 

 

Jean-Marc Monguillet

 

Président

Autisme en Ile-de-France

 

 

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Dernière modification : 28/10/2021